Rencontre avec… Augustin Scalbert (l’intégrale)
juillet 10, 2008Découvrez l’intégralité de notre entretien avec Augustin Scalbert le 10 juin 2008 dans les locaux de Rue89.
Découvrez l’intégralité de notre entretien avec Augustin Scalbert le 10 juin 2008 dans les locaux de Rue89.
10 juin 2008. Nous avons rendez-vous au siège de Rue89 pour rencontrer Augustin Scalbert, spécialiste médias du site et, en outre, chroniqueur pour J’ai mes sources, l’émission de Colombe Schneck sur France Inter. Arrivés sur place, nous découvrons une salle de rédaction affairée - “je prépare un papier sur la fabrication des blagues carambars” annonce une journaliste - où les mugs Rue89 disputent aux ordinateurs portables la parcelle de bureau épargnée par les piles de livres qui s’élèvent ici et là. Quelques peu intimidés, nous patientons quelques minutes au beau milieu de la salle ce qui nous permet d’apprécier l’ambiance qui règne en ce lieu. Et visiblement, il fait bon travailler au sein de la petite équipe de journalistes qui, depuis le 6 mai 2007, effectue les premiers pas d’un journalisme différent, basé à la fois sur le concept de l’info à 3 voix (journalistes, experts, internautes) et sur la culture “internet” (blog, vidéos, images, flux continue). Pionnier français en la matière, Rue89 est aujourd’hui, du haut de son million de visiteurs uniques par mois, une référence dans le paysage journalistique français. Rencontre donc avec un journaliste moderne et innovant

Les réactions s’enchaînent après la remise la semaine dernière par Jean-François Copé du rapport sur l’audiovisuel public au Président de la République. Les propos de Patrick de Carolis lui ont d’ores et déjà attiré les foudres des responsables UMP et des membres du gouvernement: Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP et grand défenseur du journalisme (on se souvient de ses attaques contre l’AFP…) exige des excuses alors que Christine Albanel estime que les adjectifs, comme « stupide », employé ce matin par le PDG de France Télévisions, ne peuvent être prononcés à l’égard de l’actionnaire qu’est le président de la République. Télérama, qui avait déjà fait 10 propositions pour la télévision publique le mois dernier, publie cette semaine une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy écrite par Olivier Milot, reporter au sein de l’hebdomadaire. Morceaux choisis…

Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions était aujourd’hui l’invité de Jean-Michel Apathie sur RTL. Au micro de la station, il a réagi notamment aux récents propos du Chef de l’Etat, sur France 3, où ce dernier affirmait que la différence entre les chaînes privées et le service public n’était pas assez prononcée. Réponses du principal intéressé…
Invité à s’exprimer sur les médias français dans le cadre de la conférence “Médias sous contrôle ?” organisée par RSP, la radio des étudiants de Sciences Po, le philosophe Alain Finkielkraut s’est livré à un curieux numéro d’équilibriste.

Beaucoup de surprises au cours des 7 derniers jours (du mercredi 21 au mercredi 28 mai pour être précis), c’est ce qu’on peut retenir d’une actualité médiatique riche en émotions et en sensations fortes, comme pourrait annoncer jeanmarcmorandini.com. Malheureusement, on constate aussi bien des bonnes que des mauvaises surprises, et même des fausses surprises.
Alors que la Commission Copé avait fait de l’augmentation de la redevance l’une de ses trois pistes de financement de l’audiovisuel publique après la disparition de la publicité, Nicolas Sarkozy, invité de RTL ce matin, a assuré qu’il ne suivrait pas cette voie lorsqu’il lui faudra, après le rapport définitif (25 juin), rendre les arbitrages. “Non, je me suis engagé toujours à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation de la redevance. Moi, ma politique, c’est de diminuer les prélèvements, de libérer le travail et de faire en sorte que les gens ne soient plus assommés de prélèvements supplémentaires” a-t-il affirmé. Pour lui, la solution réside dans la mise en place de taxations sur les recettes publicitaires des chaînes privées et des opérateurs de téléphonie mobile, une solution également envisagée par la Commission Copé. Seulement voilà, pour le SNJ-CGT, ce mode de financement serait “vraisemblablement retoqué par Bruxelles” ce qui en menace la pérennité.
Selon Jean-François Téaldi, porte parole du syndicat, Nicolas Sarkozy en agissant de la sorte signe “l’arrêt de mort de l’audiovisuel publique“.

Le Président de la République était ce matin l’invité pendant plus d’une heure de la matinale de la station de radio RTL, interrogé par Christophe Hondelatte, Jean-Michel Apathie et Alain Duhamel. Le thème des médias a été abordé au cours de cet entretien, et le Chef de l’Etat a fait part de sa volonté de convoquer des « Etats Généraux de la presse écrite, radio et audiovisuelle » à l’automne prochain.
« La démocratie ne peut pas fonctionner avec une presse qui serait en permanence au bord du précipice économique », tel est le constat de Nicolas Sarkozy. Il estime qu’il existe un « gigantesque de distribution » et souhaite « aider la presse écrite à faire du portage à domicile » : vers une remise en cause du monopole des NMPP, souvent pointé du doigt quand on parle des difficultés de la presse ?
Le Chef de l’Etat n’oublie pas le « problème capitalistique », qu’il souhaite aborder avec les propriétaires et directeurs de journaux, afin d’« établir un minimum de viabilité pour la presse ». Il revient sur le cas Internet, semblant assez défavorable à la gratuité en ligne : « Cela fait davantage de lecteurs, mais pas davantage de recettes » affirme-t-il, tout en invitant à la création de « groupes multimédia alors qu’aujourd’hui tout est fait pour les éviter ». Le problème de la diffusion en ligne est en effet crucial pour l’avenir des médias : certains sites comme LeMonde.fr parvenant à tirer leur épingle du jeu grâce aux recettes publicitaires tandis que d’autres, exclusivement tournés vers les internautes comme Bakchich, peinent à trouver l’équilibre.
Souvent attaqué pour ses liens avec certains dirigeants de médias comme Arnaud Lagardère et Martin Bouygues, Nicolas Sarkozy joue ici la carte du Chef de l’Etat loin des conflits d’intérêts en marquant sa volonté de « garantir ainsi l’indépendance de la presse et la diversité d’ opinion ». Des Etats Généraux seront-ils suffisants ?

Quand on est en manque d’inspiration, comme moi en tapant ces premiers mots, cela peut nous pousser à faire ou dire des choses sans intérêt, de nature à se montrer, à faire un « hé oh, on est là » histoire de ne pas tomber dans l’oubli. Mais même lorsque l’inspiration vient toute seule, on peut aussi dire n’importe quoi. Cette inspiration sera au cœur de mon billet du jour car elle se perçoit au travers de l’actualité des médias de la semaine écoulée.
Dans un communiqué publié hier soir, l’intersyndicale de l’AFP a appelé le personnel de l’agence, des autres médias et “tous les citoyens attachés à la liberté de la presse” à participer à une manifestation ce mercredi à 15h, devant le siège de l’agence (Place de la bourse). Le but de ce rassemblement, qui sera précédé par une assemblée générale des salariés de l’agence à 14h, est de protester contre les récentes attaques du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, et du président de la République, Nicolas Sarkozy.
Le mot d’ordre: “AFP menacée, presse baillonnée, libertés en danger“.