
A trois jours de la journée mondiale de la liberté de la presse, Off the Records assistait ce matin, à l’invitation de l’Association des Journalistes Européens, à une conférence sur le thème « La liberté de la presse en recul en Europe ».

A trois jours de la journée mondiale de la liberté de la presse, Off the Records assistait ce matin, à l’invitation de l’Association des Journalistes Européens, à une conférence sur le thème « La liberté de la presse en recul en Europe ».
Le passage de la flamme olympique à Paris hier n’a malheureusement pas été un grand moment pour la liberté de la presse en France. En effet, de nombreux incidents ont touché les journalistes qui couvraient les évènements: d’un John Paul Lepers chahuté à un Alexis Marant (Agence Capa) écarté du convoi alors qu’il possédait toutes les accréditations requises, en passant par le molestage de Bruno Girodon, journaliste reporter d’images (JRI) de France 2, les forces de l’ordre française et les « officiels » chinois se sont illustrés par leur respect pour la liberté de la presse. Ce dernier incident est évidemment le plus grave, puisque le malheureux caméraman a, selon le chef des JRI à France 2 Roger Motte, « perdu connaissance une dizaine de seconde » avant d’être admis à l’hôpital pour des examens (rien de grave, il a pu quitter l’établissement dans la soirée). Toujours selon la même source, le journaliste a l’intention de porter plainte et sera, par ailleurs, entendu par l’IGS (l’inspection générale des services) qui a ouvert une enquête administrative.
Hier, les méthodes des forces de l’ordre française étaient, par certains côtés, made in China…
[edit] Les images, prise par le caméraman agressé, sont disponibles sur cette vidéo:
J.O. : Quand la police française dérape !
envoyé par larnaut
Cependant, ces avancées non négligeables s’accompagnent d’une exception susceptible d’écorner la portée du texte. En effet, « lorsqu’un intérêt impérieux l’impose », la protection peut-être levée si « la nature et la gravité du crime ou du délit » le justifient. Crime ou délit, une formulation générale et vague, un peu fourre-tout, qui ouvre la porte à de possibles excès.
[edit] le projet de loi de Rachida Dati sera examiné le mardi 8 avril par l’Assemblée Nationale.
Dans une lettre ouverte adressée à la direction du groupe Le Monde, le syndicat SNJ de Télérama proteste contre les nouveaux objectifs du groupe, dont la teneur a été livrée aux salariés par courrier vendredi dernier. Ce plan, visant à la fois « l’excellence éditoriale » et « les performances économiques », se propose de « revisiter les axes éditoriaux » et de « résorber rapidement les foyers de pertes ». Il souligne également la clientèle visée, les CSP + , c’est à dire les catégories socioprofessionnelles supérieures.
Des objectifs qui ne passent pas pour le syndicat du magazine phare du groupe qui refuse de se laisser dicter ses axes éditoriaux et de cibler ses lecteurs; sa seule préoccupation étant de « tendre à la vérité et à l’excellence ». Il ajoute que cela serait « contraire aux principes d’indépendance de la presse ». Affaire à suivre …

Reporters sans Frontières annonce avoir réuni plus de 21.000 cyber-manifestants en faveur de la liberté de la presse, lors d’une action organisée sur son site internet du 12 au 13 mars et qui continue actuellement. 9 pays sont ciblés pour leur comportement à l’égard des internautes et journalistes : la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Egypte, l’Erythrée, la Tunisie, le Turkménistan et le Viêt-nam.
L’organisation rappelle que 62 cyber-dissidents sont toujours emprisonnés dans le monde en ce moment, dont 48 en Chine : un chiffre inquiétant à l’approche des Jeux Olympiques de Pékin, à l’occasion desquels RSF a également lancé une campagne de sensibilisation en faveur de la liberté d’expression, largement bafouée dans le pays.

La garde des sceaux Rachida Dati a présenté, lors du conseil des ministres de ce mercredi, un projet de loi sur la protection du secret des sources des journalistes. Selon le site internet du gouvernement, ce projet de loi vise à faire entrer de nouvelles dispositions dans la loi de 1881 relative à la liberté de la presse. Ces dispositions sont les suivantes: en matière de perquisition, les garanties dont bénéficient déjà les journalistes sur leur lieu de travail seront étendues à leur domicile et ils pourront s’opposer à la saisie de documents qui permettraient d’identifier leurs sources. Le secret des sources pourra être invoqué devant le juge d’instruction mais également devant le tribunal correctionnel et la cour d’assise.