Découvrez l’intégralité de notre entretien avec Augustin Scalbert le 10 juin 2008 dans les locaux de Rue89.
Off The Records: Pourriez-vous nous dresser un panorama de la situation des médias en France ?
Augustin Scalbert: De mon point de vue, la situation des médias en France est claire: le paysage médiatique, qu’il s’agisse de presse écrite, de télévision ou de radio, est dominé par des groupes qui ne sont pas spécialisés dans les médias. Ce sont souvent des groupes industriels qui possèdent, en plus de leurs activités industrielles, des intérêts dans les médias. Il y a un groupe, celui de Bernard Arnault, LVHM, qui est le premier mondial de l’industrie du luxe. Hormis celui-ci, tous ces groupes dominants ont des activités industrielles qui dépendent en partie des commandes de l’Etat ou de différents niveaux de décisions de politiques publiques, locales, régionales, … On peut citer Lagardère, toujours actionnaire de EADS, qui a donc des intérêts dans l’armement et qui est le premier éditeur de presse magazine au monde et possède des médias aussi important en France que Europe 1, Paris Match ou le Journal du Dimanche, pour ne citer qu’eux. Dassault possède Le Figaro, évidemment Bouygues possède TF1, LCI et quelques autres chaînes. Bolloré fait une entrée plus récente dans le paysage médiatique. Il possède surtout des journaux gratuits comme Direct Soir et Direct Matin, et la télévision Direct 8. Bolloré est également un acteur important de la publicité puisqu’il possède Havas, et qu’il est le premier actionnaire d’Aegis, présent en France notamment dans l’achat d’espaces pour les médias, c’est donc un métier stratégique. En dehors de cela, on constate en presse régionale que la concentration est aussi très importante. Des groupes comme l’Est Républicain, qui vient d’être racheté par le Crédit Mutuel, possèdent toute la façade est de la presse française. Ouest France est un groupe important. Centre Presse vient de racheter un des derniers journaux en coopérative ouvrière, l’Yonne Républicaine, l’information est sortie aujourd’hui [ndrl: cet entretien a été réalisé le 10 juin 2008]. Si on observe la presse nationale, Libération appartient aujourd’hui à Rotschild qui est lié par sa famille, par la banque dans laquelle il a des intérêts, avec beaucoup d’acteurs du capitalisme français. On constate aussi que Le Monde, qui est un journal emblématique dans notre pays, est en passe de perdre son indépendance au profit de Lagardère, qui serait ou pas allié avec le groupe de presse espagnol Prisa. La première radio en France, RTL, appartient à un groupe étranger, Bertelsmann, qui lui en revanche est spécialisé dans les médias. Il possède aussi M6, qui a parmi ses actionnaires minoritaires le groupe Suez. Le président du Conseil d’Administration de la chaîne est le financier belge Albert Frère, ami de Nicolas Sarkozy. Tous ces patrons de groupes industriels sont eux aussi des proches du Président de la République actuel. Le paysage médiatique en France est très récemment bouleversé par des médias sur Internet comme Rue 89, qui a été le premier, Mediapart, Bakchich, Le Post. Une des grandes références du journaliste français, qui reste indépendant de toute influence, est le Canard Enchaîné, heureusement.
OtR:Et si l’on compare avec d’autres pays comme l’Italie ou l’Allemagne ?
AS:Cet intrication entre des intérêts industriels dépendant en grande partie des commandes de l’Etat et les médias est complètement unique en Europe. Hormis en Italie, où une partie de la presse appartient au patronat, notamment la presse économique, cette situation ne se retrouve nulle part ailleurs dans le monde occidental. En Allemagne en plus, le droit de la presse est ainsi fait que les journalistes ont plus d’indépendance car ce n’est pas le directeur de la publication, donc le financier comme en France, qui comparaît en cas de procès, mais c’est le directeur de la rédaction. C’est donc un journaliste qui assure lui-même la prise de risque éditoriale outre-rhin. En France, ce n’est pas le cas de tout.
OtR: Vous qui travaillez à la fois sur Internet et à la radio, sur France Inter, quelle est la valeur ajoutée de sites comme Rue 89 par rapport aux médias traditionnels
AS: Rue 89 est un site participatif. Contrairement aux déclinaisons de médias traditionnels sur le web, les internautes ne se contentent pas de commenter les articles. Sur Rue 89, ils les notent : pour le travail du journaliste, c’est tout de même un paramètre qui est à prendre en compte. Quand vous écrivez un article et qu’il est mal noté, ça peut être parfois difficile à vivre si on a beaucoup travaillé dessus. En commentant, ils peuvent aussi apporter de nouvelles perspectives sur les sujets traités dans l’article, corriger des erreurs parfois. A ce moment-là, nous modifions notre article et nous disons qu’il a été modifié à telle date suite à un commentaire d’internaute. En fait, le concept de Rue 89, c’est l’information à 3 voix, journalistes, experts, internautes. Même si l’ensemble du contenu est édité par les journalistes de la rédaction, les fondateurs du site estiment que ces deux autres voix doivent apporter une meilleure qualité et remettre l’information dans une perspective plus juste, peut-être un peu plus objective et plus proche des préoccupations des lecteurs.
OtR: Lors de notre entretien avec Guy Birenbaum, en décembre 2007, celui-ci nous avait déclaré que pour lui, « Rue89, c’est Libération sur le net, ce n’est pas la révolution», que répondez-vous à cela ?
AS:Guy Birenbaum pense ce qu’il veut. Il a tout à fait le droit de dire cela mais à ma connaissance, dans Libération, il n’y a pas toutes les possibilités que je viens d’évoquer. Les internautes « de base » n’ont pas la possibilité de voir un de leurs articles publié en colonne centrale du site Libération.fr même s’ils ont créé, depuis l’apparition de Rue 89, un contre-journal dans leur nouvelle formule, où leurs lecteurs s’expriment. L’interaction entre la rédaction et le public est bien moins importante dans Libération que sur Rue 89. Maintenant il est vrai que Rue 89 a été fondé par 4 journalistes qui travaillaient à Libération. Il ne faut pas oublier qu’ils ont été rejoint par des journalistes de RFI, du Figaro, de RTL, de France 3, de La Croix, en ce qui me concerne de l’Est Républicain. Tout cela étant un apport de point de vue, puisque c’est une rédaction où l’on s’exprime facilement, qui à mon avis donne une différence entre Libération et Rue 89. Très honnêtement, je ne vois pas précisément ce qui lui permet de dire cela, à part peut-être que l’image de Rue 89 est celle d’un site de gauche et Libération a encore aussi cet image de journal de gauche, c’est peut-être cela, je ne sais pas.
OtR: Avec Rue 89, vous avez opté pour la gratuité et la publicité, pourquoi ce choix ?
AS: Il faut préciser que ce n’est pas seulement la publicité. A terme, notre souhait est que nos revenus dépendent à 60% de la publicité et à 40% de la création de sites internet participatifs pour des clients, comme nous l’avons fait avec Bibliobs, site littéraire participatif, pour le Nouvel Observateur. Ce choix est simple: nous estimons qu’aujourd’hui, avec les modes de « consommation » de l’information, terme que je n’aime pas, avec Internet et les nouvelles technologies mobiles, le public s’informe tout de même très rapidement et avec des systèmes de flux. C’est une source permanente et gratuite : la démarche de payer sur Internet est aujourd’hui en déclin total, comme on le voit pour certains titres de la presse américaine comme le New York Times, qui ont abandonné leur modèle payant. Nous pensons, à Rue 89, que le modèle payant sur Internet n’est pas pérenne en raison de ces nouvelles habitudes de consommation de la presse. Maintenant, pas mal de gens dans ce métier considèrent qu’il n’est pas possible d’informer de manière totalement libre en dépendant de la publicité, à cause des pressions des annonceurs. Nous, à Rue 89, nous récusons totalement cette interprétation et on estime que la question de l’indépendance par rapport aux annonceurs tient d’une part à l’assise financière de la rédaction. Nous travaillons à être pérenne de ce côté-là, nous bouclons une augmentation de capital qui va nous permettre de voir un horizon assez lointain. D’autre part, nous estimons aussi que c’est une question de force de caractère des journalistes par rapport aux financiers du site. Je vais vous citer un exemple: au moment du rachat des Echos par Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, de Dior, et d’autres marques de luxe, il avait déclaré au micro de Jean-Michel Apathie sur RTL que les journalistes de La Tribune, qu’il avait possédé pendant 15 ans, n’avaient jamais eu aucun problème d’indépendance. J’ai fait une enquête pour prendre le contre-pied de ces déclarations, en montrant quelles avaient été les interventions de Bernard Arnault ou de ses équipes sur le contenu éditorial de La Tribune, quelles censures et auto-censures il y avait eu pendant ces 15 années. L’article a été publié et c’est seulement après que Pierre Haski, directeur de la publication de Rue 89, m’a dit qu’une pub Dior était prévue sur le site au mois de décembre, un mois et demi plus tard. Pierre Haski aurait très bien pu me dire cela au début de mon enquête, en me disant que je pouvais tout de même écrire ce que je voulais, mais je ne sais pas comment j’aurais réagi, je me serais peut-être auto-censuré. Or, cela n’a pas été le cas, puisqu’il ne me l’a dit que seulement après, une fois l’article en ligne. A Rue 89, nous n’avons donc pas de pressions des annonceurs, et si un jour nous en avons, je suis convaincu que les dirigeants du site sauront y résister.
OtR: Arrêt sur Images et Mediapart ont choisi un modèle payant, Bakchich a fait appel à ses lecteurs. Un modèle gratuit est-il vraiment viable ?
AS: Si on prend les 4 ou 5 sites internet qui sont des pure players, c’est-à-dire des sites indépendants sur le web, on peut considérer que nous sommes à contre-courant. Mais si on prend l’ensemble de l’information sur Internet, y compris les déclinaisons des médias traditionnels, on s’aperçoit que nous ne sommes pas à contre-courant. Je vous renvois à un article que j’ai écris sur les modèles payants et le net. Dans le modèle économique de Bakchich, la vente de leur version papier est extrêmement minoritaire et leur principal source de revenu est la publicité. Concernant Arrêt sur Images, il faut être conscient du fait que c’est une marque qui existe depuis plus de 15 ans, qui est très connue et qui bénéficiait à la télévision d’un public fidèle et important. Quand Daniel Schneidermann s’est fait renvoyer de France 5, il a annoncé qu’il allait fonder ce site internet, qui bénéficie donc de cette marque et qui en plus est sur un créneau qui est assez ciblé: celui de la critique et du décryptage des médias. Mediapart, personnellement, je pense que faire un site d’information généraliste, dont l’abonnement est de 9 euros par mois, entre en contradiction avec l’annonce de la recherche - ce qui est louable et nécessaire aujourd’hui dans les médias - de scoops et de la réalisation d’enquêtes, un genre il est vrai délaissé par la plupart des médias. Pour moi, révéler des scoops tout en étant payant me paraît contradictoire puisque sur Internet, on est dans un modèle qui est viral et où l’information, le scoop en particulier est quelque chose qui circule de mails en mails, sur les portails d’information ou les agrégateurs de contenus comme Yahoo, Netvibes ou Google News. Personnellement, je souhaite évidement longue vie à Mediapart, site de grande qualité qui conforte l’information sur Internet, mais je suis un peu sceptique quand à leur modèle économique.
OtR: Une critique qui est régulièrement faîte à Internet est celle de l’instantanéité, propice à sa transformation en une boîte à rumeurs. Franck Louvrier, conseiller de Nicolas Sarkozy, s’en est ému dans Libération, en défendant les médias traditionnels. Comment réagissez-vous à ces critiques ?
AS: Franck Louvrier ne faisait que reprendre une critique partagée par beaucoup de gens, en particulier Jean-Pierre Elkabbach, qui avait il y a quelques mois annoncé la création d’un comité d’éthique pour lutter contre ce côté rumeur d’internet. On a vu ce qui est advenu après avec la mort de Pascal Sevran, annoncée sur Europe 1 à tort. La tribune de Franck Louvrier était complétement biaisée puisqu’il n’a pas précisé que ces dernières semaines, la plupart des gaffes journalistiques sont venues de médias traditionnels: Europe 1 annonce prématurément la mort de Pascal Sevran, le Nouvel Obs a lancé un confidentiel disant que Sarkozy avait traité je ne sais qui de connard alors que c’était faux, ensuite le Figaro a raconté que Ségolène Royal devant le Cercle des économistes s’était totalement ridiculisée et que les économistes en question l’avaient trouvée absolument nulle ce qui était totalement faux et ce que le président du Cercle des économistes a ensuite totalement démenti. Voilà, cela fait trois bavures d’un côté, de l’autre il y a le fameux SMS qui est sorti sur le Nouvelobs.com et qui doit-on le rappeler a été publié par Airy Routier, rédacteur en chef du Nouvel Obs papier et de Challenges. Je suis désolé, Franck Louvrier, en faisant cette distinction entre les supports traditionnels et leur déclinaisons sur internet, fait un peu verbillage et en tout cas n’est pas du tout pertinent.
OtR: Vous participez à la campagne Liberté d’Informer. Quels sont, plus généralement, les enjeux législatifs pour le journalisme actuellement ?
AS: En fait, c’est deux questions. Liberté d’informer est une campagne qui concerne tous les citoyens et qui vise à faciliter en France l’accès de n’importe quel citoyen aux archives et documents administratifs comme c’est le cas aux Etats-Unis avec le Freedom of Information Act ou dans les pays scandinaves où l’on peut accéder au bulletin de salaire et à la note de frais d’un ministre dans les 24 heures. Cela apparaît à certains en France comme totalement démagogique mais on peut quand même se souvenir que les ministres sont issus d’une majorité élue et rémunérés par le contribuable donc cela peut paraître légitime. Ensuite les enjeux législatifs: il est certain que s’il y avait une réforme dans le sens d’une libéralisation de l’accès au document administratif, les journalistes auraient accès à plus de documents et pourraient éclairer des zones d’ombres de l’histoire de France comme par exemple le massacre de dizaines d’algériens à Paris le 17 octobre 1961. Beaucoup de journalistes qui enquêtent sur des affaires françaises trouvent des informations dans les archives américaines parce qu’il y a là bas des copies des archives françaises. Maintenant, le principal enjeu législatif concernant les journalistes, c’est le secret des sources. Une loi devait être débattue dernièrement au parlement et a été reportée face aux contestations puisque le législateur prévoyait des exceptions tellement floues au secret des sources qu’elles pouvaient ouvrir la porte à des dérives et au contraire à une plus grande opacité et à une plus grande répression des révélations grâce à des personnes qui témoignaient. Il ne faut pas oublier que la protection des sources c’est une protection de la source du journaliste et pas du journaliste en lui-même. On peut rappeler aussi que la cour de justice européenne condamne régulièrement la France pour sa législation trop répressive en la matière.
OtR: L’éviction de Patrick Poivre d’Arvor du journal de 20 heures de TF1 a été confirmée par la chaîne privée. Vous avez parlé dans un article sur Rue 89 de « mue de TF1 sous l’oeil bienveillant de l’Elysée ». Quelle est votre vision des rapports entre le Président de la République et les médias ?
AS: Comme je le disais, il y a énormément de proximité entre les principaux patrons de presse et propriétaire des médias et le président de la République. De plus, il a un rapport un petit peu compliqué, c’est un petit peu un rapport de séduction-sanction. On l’a vu à sa conférence de presse du 8 janvier où il a méchamment répliqué à Laurent Joffrin le directeur de Libération, ce qui a d’ailleurs fait sourire les journalistes qui été présent et c’est assez consternant. Je pense que Nicolas Sarkozy n’aime les journalistes que quand ils vont dans le sens de ses intérêts. Il ne me semble pas être un homme qui a une conception saine de l’information et de la nécessité d’une information juste et équilibrée pour le bon fonctionnement d’une démocratie. Apparement, il voit plus les journalistes comme des communicants à même de relayer le plus abondamment possible et de la manière la plus positive qui soit son action. Evidement, cette vision est facilitée par le fait qu’il ait des liens très privilégiés avec Bouygues, qui fut son témoin de mariage et qui est le parrain de son fils, Bernard Arnault, qui a également été son témoin de mariage, Vincent Bolloré, un peu moins avec Serge Dassault mais quand même aussi.
OtR: La commission Copé a remis son rapport, des Etats Généraux de la presse ont été annoncés pour septembre… peut-on parler d’une reprise en main des médias par le pouvoir politique ?
ASC’est une question qu’on peut se poser oui. Que la commission Copé soit installée, dans la mesure où il s’agit d’une réforme du service public, cela n’a rien de choquant et sur le papier, il est mieux que cela soit une commission parlementaire qu’une cellule à l’Elysée qui s’occupe de ça. Le fait que Nicolas Sarkozy annonce des Etats Généraux de la presse, cela peut paraître un peu plus choquant. Maintenant, il se glisse dans une brèche puisque les journalistes eux-mêmes ne sont pas capable de s’unir. Il y a un forum permanent des sociétés de journalistes mais globalement, les intérêts des journalistes et ceux de leur patrons ne sont pas les mêmes en termes de coûts et de surface de l’information. Donc journalistes et éditeurs ne sont pas capables de s’unir pour réfléchir aux problèmes des médias. Il y a également le problème des coûts importants de la production et de la distribution. J’aurais sans doute préféré que cela soit une proposition parlementaire, il se trouve que c’est Nicolas Sarkozy. Je ne peux pas penser que cela sera l’occasion d’amplifier sa main mise sur les médias de masse en France, je pense que ça ne passerait pas donc pr répondre clairement, non je ne pense pas qu’il y ait une reprise en main des médias par le pouvoir. En revance, je suis d’accord avec Dominique de Villepin quand il dit que les médias français dans leur globalité font preuve ou en tout cas ont fait preuve pendant la campagne présidentielle d’un esprit de cour. C’est sur qu’aujourd’hui, il existe un problème d’indépendance de la presse et des médias par rapport au pouvoir.
OtR: On parle souvent de relations incestueuses entre journalistes et politiques. Depuis l’élection présidentielle, on a vu Catherine Pégard du Point rejoindre le cabinet de Nicolas Sarkozy, Myriam Lévy du Figaro s’est tournée vers Matignon, ou encore Muriel Gremillet, journaliste à Libération, collabore à présent avec Arnaud Montebourg. Quel regard portez-vous sur ce type de pratiques ?
AS:Ce n’est pas nouveau. Déjà sous Mitterrand, il y a eu des journalistes qui ont rejoint les cercles du pouvoir en tant que conseillers. Par contre le mouvement s’amplifie depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Je ne vais pas juger ces personnes là mais personnellement, si on me proposait de travailler dans le cabinet de Sarkozy à l’Elysée, je refuserai. Si j’ai décidé d’être journaliste, c’est parce que je crois à ce métier et il ne me paraît pas compatible avec un rôle de conseiller politique. Mais je ne vais pas juger des décisions individuelles qui n’ont lésé personne.



