« Moi je suis indépendant dans ma tête »: Patrick de Carolis, martyr du service public?

Patrick de Carolis, invité de Jean-Michel Apathie sur RTL le 2 juillet 2008.

Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions était aujourd’hui l’invité de Jean-Michel Apathie sur RTL. Au micro de la station, il a réagi notamment aux récents propos du Chef de l’Etat, sur France 3, où ce dernier affirmait que la différence entre les chaînes privées et le service public n’était pas assez prononcée. Réponses du principal intéressé…

L’ancien présentateur d’un des programmes phares de France 3 (Des Racines et des Ailes) a tenu a préciser que « la télévision, c’est un métier ». Selon lui, le travail mené depuis 3 ans avec Patrice Duhamel (directeur général du groupe), avec les équipes de France Télévisions montre les efforts effectués pour « faire une télévision respectable », et il entend « qu’elle soit respecté ». « Quand on dit qu’il n’y pas de différence, je trouve cela faux, je trouve cela stupide et je trouve cela profondément injuste » conclut-il, marquant ses différences avec le Président de la République, avec lequel les rapports seraient extrêmement tendus selon la presse.

Concernant la suppression de la publicité sur les antennes du service public et l’équilibre financier à atteindre, Patrick de Carolis a rappelé qu’un plan d’affaires pour les prochaines années allait être élaboré durant l’été avec la participation du ministère de la culture. Il estime, à l’heure actuelle, que « le compte n’y est pas » : « nous n’avons pas les moyens de nos ambitions futures » résume t-il. « Si le compte y est, je m’en féliciterai et je le dirai, si le compte n’y est pas, je prendrai mes responsabilités » explique t-il. Patrick de Carolis sera t-il encore PDG de France Télévisions à la fin de l’été, rien n’est moins sûr…

Jean-Michel Apathie a tenu à le faire réagir également sur la proposition du Chef de l’Etat de nommer le président de France Télévisions en Conseil des Ministres. Patrick de Carolis en a profité pour mettre en avant son indépendance : « Jamais je ne soumettrai mes grilles de programmes, un quelconque concept d’émission à un quelconque visa venu de l’extérieur de l’entreprise » a t-il expliqué. Il rappelle sa propre nomination à la tête du groupe, alors qu’il n’avait pas été soutenu par l’Elysée, par Matignon, ou par le Ministère de la Culture: « j’ai été élu sur du contenu, sur une ambition » dit-il, ce qui est « une grande preuve d’indépendance [du CSA] ». Rapellons toutefois qu’il n’est autre que le biographe de l’ancienne première dame de France, Bernadette Chirac, avec laquelle il avait réalisé un livre d’entretiens. Il n’est pas hostile par principe à la proposition du Président de la République, affirmant que « quelles que soient les procédures, à partir du moment où elles garantissent cette indépendance, à partir du moment où elles se fondent sur un projet professionnel d’un candidat, l’indépendance est après affaire d’hommes ou de femmes ».

« Moi je suis indépendant dans ma tête ». Voilà comment Patrick de Carolis conclut cette entretien… Une indépendance bousculée depuis le début de l’année avec cette décision présidentielle de suppression de la publicité. Le navire France Télévisions est pris dans un courant peu favorable, et les pires dangers sont encore à l’horizon pour le PDG du groupe, qui est loin d’avoir les faveurs de l’Elysée. Pour la première fois Patrick de Carolis se démarque réellement du Chef de l’Etat: une nouvelle ligne de défense pour tenter de conserver son poste ou un suicide médiatique, afin de quitter la maison France Télévisions en tant que martyr du service public ?

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