
Beaucoup de surprises au cours des 7 derniers jours (du mercredi 21 au mercredi 28 mai pour être précis), c’est ce qu’on peut retenir d’une actualité médiatique riche en émotions et en sensations fortes, comme pourrait annoncer jeanmarcmorandini.com. Malheureusement, on constate aussi bien des bonnes que des mauvaises surprises, et même des fausses surprises.
Commençons par les mauvaises surprises, comme le veut la tradition. Je n’arrive toujours pas à la croire, mais hélas cela est bel et vrai. C’est que ….. Vous savez, dans la vie, et notamment dans le monde des médias, les choses vont vites, le vent tourne, on peut changer de poste du jour au lendemain… Bon comme vous l’aurez compris, je tente désespérément de repousser l’échéance mais là je ne sais pas quoi dire donc voilà : Charles Villeneuve est le nouveau président du PSG (pfffff n’importe quoi). En effet, l’ancien directeur des sports de TF1 et présentateur du Droit de savoir a été nommé à la tête du club de la capitale (je me paraphrase pour me faire à cette idée). Ce monsieur, l’homme qui faisait des prostituées, des trafics de drogue et des jeunes de banlieue son fond de commerce, est parti de TF1 car il « a atteint l’âge de la retraite » en janvier dernier (échappatoire pour décrire un licenciement), et maintenant, il veut nous faire croire qu’il vient au Paris Saint Germain avec un projet pour l’avenir ???? Mon dieu, je crois que je n’ai pas fini de pleurer…
Pour rester encore dans ce domaine, les appels d’offre récents pour la diffusion des compétitions sportives (Ligue 1 de football, D1 de handball) ont constitué le premier champ de bataille de la nouvelle guerre dans la télévision payante. Voici les deux protagonistes sur le ring : à ma droite, Canal+ qui se croyait en situation de monopole éternel depuis sa fusion avec TPS achevée l’an dernier et qui profitait pleinement de sa position dominante pour réduire ses coûts (baisse des droits sportifs et du cinéma, de la rémunération des chaînes thématiques entre autres) ; à ma gauche Orange, l’opérateur historique des télécoms, qui proposait jusqu’alors un bouquet de chaînes TV par ADSL mais qui se lance à l’assaut du premier en lançant une offre de télévision par satellite. Miracle !!! alors que l’on ne l’attendait plus, alors que les abonnés s’étaient résignés « à payer plus pour en avoir moins » (c’est à la mode de remixer la célèbre doctrine sarkozyste), la concurrence est revenue dans ce secteur. Alors je ne veux pas dire sèchement que c’est bien fait pour Canal, mais quand même, c’est bien fait pour Canal. Si seulement ils avaient profité de leur position dominante pour améliorer leur service, en commençant par ne plus diffuser le championnat de France de foot (facile celle-là mais trop tentante), cela aurait été un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour la télévision…
Au rayon des bonnes surprises également, on peut y insérer l’interview du Président Nicolas Sarkozy sur RTL mardi matin. Je ne parlerai pas du fond car on n’est pas là pour ça, mais plutôt du bon coup de fouet donné à la communication présidentielle par le fait même d’accorder une interview en-dehors de l’Elysée, ce qui n’est jamais arrivé à ma connaissance, ou très rarement. En effet, le Président a pour la première fois joué à l’extérieur comme on dirait en foot, et cela évite de retrouver ces entrevues dans les fastes de la République qui ont de quoi intimider les journalistes. J’espère que vous avez savouré ces quelques lignes car ce n’est pas tous les jours que je vais parler de Sarko en bien. Je reste tout de même quelqu’un d’aussi objectif que Jean-Pierre Elkabbach, alors tout va bien.
En parlant de ce « journaliste », il a été la cible de critiques émanant de l’ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde, Edwy Plenel, à l’occasion des Assises Internationales du Journalisme qui se tenaient à Lille. « Je ne comprends pas que ça n’ait pas choqué plus que ça notre profession » assène-t-il à propos de l’affaire Pascal Sevran (je fais le style « description d’un procès »). Là encore, il s’agit d’une bonne surprise, un soulèvement contre l’incompétence. Il est vrai que J-P Elkabbach s’en est sorti indemne de cette annonce nécrologique prématurée alors qu’il s’agit à mon avis d’une erreur presque impardonnable pour un journaliste de ce niveau. Imaginez un instant qu’on vous annonce le décès d’un proche et que quelques minutes plus tard on vous dit « mais non, c’est surprise sur prise !!! », et ben vous allez vouloir lui corriger le portrait à la personne qui a propager cette information. Or dans notre cas, aucune critique du monde des médias n’est venue condamner sa bourde, hormis au sein de sa rédaction, encore heureux, et le CSA, basse (et non pas haute) autorité régulatrice, n’a fait qu’adresser une mise en demeure, autrement dit un « Jean-Pierre, en mai fait ce qu’il te plaît… et les autres mois aussi».
Enfin, finissons avec la vrai fausse surprise de la semaine : la commission Copé est en train de capoter. La proposition d’augmenter la redevance audiovisuelle a été clairement rejeté d’un revers de la main par Sarkozy, et les quatre parlementaires PS qui y siégeaient l’ont quitté. Selon ces derniers, elle a perdu sa raison d’être étant donné que ses propositions ne font pas recette (c’est le moins que l’on puisse dire). Des recettes miracles pour financer l’audiovisuel public sans publicité, on n’en trouve pas au sein de cette commission, et du coup, cela n’est pas surprenant que certains lâchent l’affaire : ils craquent car ils viennent de s’apercevoir que la partie est perdue d’avance dans la mesure où une hausse de l’imposition ne verra pas le jour. Bon, il en aura fallu du temps (mais pas d’argent, ouf) pour comprendre, mais maintenant que c’est fait, on n’a plus qu’à regarder la lente déliquescence de cette commission qui, au final, n’aura surpris personne.
Karim Baldé


