
La Commission Copé s’est finalement penché sur l’épineux problème du financement de France Télévisions, au coeur de tous les débats au sein du groupe depuis l’annonce de la suppression de la publicité sur les antennes du service public, ce qui représenterait un manque à gagner d’environ 800 millions d’euros.
Trois scénarios de financement sont actuellement envisagés, dans le cadre d’une suppression en deux étapes : à partir du 1er septembre 2009, la publicité serait interdite seulement après 20h00, avant une suppression totale à partir du 1er janvier 2012. Le groupe France Télévisions pourrait toutefois conserver les parrainages, ainsi que la publicité sur les antennes régionales et les sites internet.
Ces scénarios ne sont « ni exclusifs, ni définitifs », comme tient à le préciser Jean-François Copé, qui souhaite visiblement rester très prudent sur ce sujet sensible. Première possibilité envisagée, qui fait grincer des dents certains contribuables à la vue des réactions sur quelques sites Internet, une augmentation de la redevance. Celle-ci stagne à 116 euros et pourrait connaître une hausse qui irait au-delà d’une simple indexation sur l’inflation, soit par une hausse de son montant, soit en l’élargissant aux propriétaires d’un ordinateur équipé pour la réception TV ou d’une résidence secondaire. Rappelons que la moyenne européenne pour cette taxe s’établit à environ 160 euros.
Deuxième solution évoquée : affecter à France Télévisions la part de la redevance allouée actuellement à RFI et à l’INA, soit 140 millions d’euros au total. Ne serait-ce pas alors déshabiller Pierre pour habiller Paul ? Cette solution semble pourtant avoir la préférence de M. Copé. Le manque à gagner pour l’INA serait compensé par une taxes sur les recettes publicitaires supplémentaires des chaînes privées, tandis que l’Etat compenserait de lui même pour le cas de RFI : ou comment déplacer le problème sans vraiment le résoudre… Cette mesure s’accompagnerait d’une taxe, de l’ordre de 0,5%, sur le chiffre d’affaires des opérateurs téléphoniques et des fournisseurs d’accès à internet.
Dernière option : la taxation de l’électronique grand public. En somme, les coûts supplémentaires engendrés par la suppression de la publicité seront inéluctablement répercutés, d’une manière ou d’une autre, sur le contribuable. Qu’il s’agisse de chaînes de télévision ou de stations de radio, le service public offre une diversité essentielle, qu’il est nécessaire de conserver et de protéger, même si l’idée de mettre la main au portefeuille déplaît à plus d’un, dans cette période marquée par la question du pouvoir d’achat…


