Indépendance de la presse: Nicolas Sarkozy et Frédéric Lefebvre accusent

L’affaire du communiqué de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, n’en finit plus d’agiter le monde politico-médiatique.

Petit rappel des faits: ce texte, daté du 1er mai, prenait le PS à parti sur la condamnation de Ségolène Royal en lui demandant d’annoncer les sanctions qu’il n’avait pu ne pas prendre à l’encontre de cette dernière. Jugeant que ce communiqué n’apportait rien de nouveau à cette affaire, l’AFP ne l’avait pas repris, choix qui devait provoquer la colère du porte-parole et une lettre à Pierre Louette, PDG de l’AFP.

Ici, il faut rappeler que le journalisme trouve sa raison d’être dans le tri et la hiérarchisation de l’information: il ne peut en aucun cas se réduire, n’en déplaise à M. Lefebvre, à l’annexe du bureau de communication d’un parti politique, quel qu’il soit.

Agacés, les syndicats de l’agence se sont fendus hier d’un communiqué rappelant à M. Lefebvre que la condamnation de Mme Royal avait été « amplement » couverte et que la dernière attaque sur la partialité de l’AFP venait précisément de … Ségolène Royal dans son livre Ma plus belle histoire c’est vous.

L’affaire pourrait en rester là si le président de la République n’avait pas jugé bon d’entrer dans la danse. Mais hier soir, devant les députés de la majorité, Nicolas Sarkozy a relayé l’attaque, accusant même la presse de jouer le rôle d’opposition, en l’absence de cette dernière sur la scène politique, citant pèle-mêle l’AFP, Marianne, le JDD et le Parisien. Ce matin, les réactions ne se sont pas fait attendre: que ce soit au Parti Socialiste par l’intermédiaire de François Hollande et de Patrick Bloche ou chez les titres incriminés comme Le Parisien, les déclarations du chef de l’Etat suscitent l’indignation.

Ici, il faut rappeler que le journalisme ne saurait en aucun cas s’aligner sur les positions de tel ou tel parti mais au contraire porter fermement la contradiction sur l’ensemble de l’échiquier politique. Certes, certaines pratiques, comme la censure d’un article concernant l’abstention de son ex-épouse dans le même JDD, la coupe de champagne sur le plateau de TF1 un certain 6 mai peu avant 20h, les publireportages plats de Paris Match ou encore le titre erroné du Figaro, ont pu faire oublier au chef de l’Etat cet aspect essentiel du journalisme.

Mais le journalisme est et doit être un sport de combat.

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