Marc Tessier donne sa vision de la télévision publique

« L’avenir de la télévision publique se joue maintenant », c’est par ces mots que Marc Tessier - prédécesseur de Patrick de Carolis à la présidence de France Télévisions - débute une tribune parue dans Le Monde daté du 3 mai.
Selon lui, la question des ressources publicitaires n’est qu’« accessoire » : en baisse depuis deux ans maintenant, les revenus que France Télévisions en tire ne peuvent plus être « le moteur de la croissance future du groupe ». L’essentiel est d’élaborer un projet convaincant : France Télévisions a « besoin d’une médecine de cheval pour enrayer son déclin » affirme-t-il.
L’ancien dirigeant de l’entreprise de service public défend en partie son bilan en expliquant que le groupe « n’a pas à rougir de son passé » mais met en avant la nécessité d’une spécialisation des chaînes pour faire face à la nouvelle offre télévisuelle . Il propose que France 2 se détourne des variétés et des divertissements pour se consacrer plus à l’information, aux débats, aux magazines et aux fictions tandis que France 3 devrait devenir réellement la chaîne régionale par excellence. Ne trouvant rien à redire à la stratégie actuelle de France 5, il explique que France 4 doit être la chaîne de la création, du spectacle du divertissement et du cinéma tandis que France Ô représenterait la diversité. « La pire option serait de rester attaché au concept de chaîne généraliste (…) qui d’évidence, n’offre comme perspective que celle d’une érosion lente et continue de l’auditoire » explique t-il.
Du côté des nouvelles technologies, il préconise d’investir massivement dans la vidéo à la demande, « quitte à demander au téléspectateur de payer pour certains services nouveaux », qui ne peuvent justifier à eux seuls une augmentation de la redevance.
Il revient toutefois sur le nerf de la guerre, l’argent, en affirmant que les ressources de France Télévisions doivent provenir de la redevance « pour les grandes missions d’intérêt général », des bénéfices tirés des progrès de productivité, et d’apports en fonds propres. « La question financière est bien sûr essentielle, mais il faut d’abord que la télévision publique s’applique l’électrochoc d’une révision profonde de son offre de programmes comme de ses structures » conclut-il, observant néanmoins l’« attachement profond » qui existe envers l’audiovisuel public, attachement marqué par les débats au sein de la Commission Copé.
Lire : « Enrayer le déclin de la télévision public », par Marc Tessier
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